Voilà déjà 12 mois que j’ai quitté le Québec pour me réinstaller en France. Alors que je m’apprêtais à écrire cet article bilan, j’ai pris le temps de relire les bilans que j’avais fait 1 mois, 3 mois et 6 mois après être revenue.
C’est drôle de voir l’évolution de mon ressenti. Certaines choses me choquent depuis toujours, d’autres font de nouveau partie de mes habitudes. Mais je ne m’attendais pas à avoir tant d’émotions vis-à-vis de Montréal. Et justement, faisons un dernier point. Est-ce que ce retour au pays est réussi ou est-ce que je regrette ce choix ?
1 an pour planifier notre départ
Le 12 août 2025, j’ai pris l’avion avec mes 2 enfants, mes 2 chats, mes beaux-parents et laissé mon conjoint à Montréal (il nous rejoint 2 semaines plus tard).
Cela faisait 8 ans et demi que j’étais installée là-bas. Moi qui étais censée y passer 6 mois pour mon stage, ça a fait une sacrée tranche de vie au final. J’ai aimé la vie à Montréal, surtout au début. Voyager, aller aux festivals, profiter des terrasses l’été et des chalets en hiver.
Puis je suis devenue maman et le manque de la famille, qui était déjà présent, est devenu plus intense, au point de commencer à m’étouffer. J’avais besoin de me rapprocher d’eux.
J’ai vu Montréal changer au fil du temps. Le Covid a marqué un grand tournant, c’est sûr. Mais plus le temps passait, moins la vie là-bas me correspondait.
On a longuement discuté avec Seb, mon conjoint. Lui était bien au Québec, mais il avait aussi envie que nos enfants connaissent mieux leurs grands-parents et cousins. Il ne s’épanouissait plus autant au travail et on a eu l’opportunité d’aller travailler dans l’hôtel de mes parents, alors la décision a été prise.

On a mis 1 an pour préparer ce départ. J’étais enceinte de notre 2ème enfant, donc on a pris notre temps et on s’est laissé quelques mois après l’accouchement avant de partir.
Il a fallu l’annoncer à nos amis, en parler à nos employeurs, mettre en vente notre appartement. Cette dernière étape a été la plus difficile. Je ne m’attarderais pas dessus, car si vous avez lu les articles “bilan” précédents, vous savez que ça a été une épreuve. La blessure que ça a laissé est encore douloureuse, donc je ne développerai pas. Mais c’est certain que ça a entaché mes derniers mois à Montréal.
1 an pour reprendre le cours de notre vie
Le retour s’est assez bien passé pour moi. Je n’ai pas eu de choc culturel, je n’ai pas été déçue, je n’ai pas eu de regrets, bien au contraire. On s’est installé en bord de mer et la vie est douce ici. Je découvre un rythme de vie complètement différent, dont je ne me lasse pas.
Le plus difficile, bizarrement, c’est les sentiments que j’ai vis-à-vis de Montréal. 1 an après, j’ai encore mal quand j’y pense.
C’est très difficile pour moi, car j’y ai été sincèrement heureuse. Mais les 6 derniers mois ont été catastrophiques. La non-vente de notre appartement et toutes les péripéties associées ont eu un réel impact sur la santé mentale de mon conjoint, et sur la mienne en conséquence.
A l’époque, notre garçon avait 3 ans, notre fille seulement quelques mois. Il a fallu que j’organise presque 100% du déménagement international toute seule, que je m’occupe de la famille, car mon homme n’était malheureusement pas en état de le faire. Le tout en gérant des visites de notre appartement, et des rebondissements plus négatifs les uns que les autres.
Quand on est arrivé en France, le soutien de mes proches m’a aidé à avancer. Mais ça a pris du temps avant que je puisse commencer à souffler et lâcher du lest.
Je dirais que c’est depuis la fin de l’hiver que ça commence vraiment à aller mieux. Mon conjoint a enfin commencé à sortir la tête de l’eau et plein de nouveaux projets nous ont aidé à avancer.
Ça va beaucoup mieux maintenant. Mais comme je le disais plus tôt, mon rapport avec Montréal a changé.

Bien évidemment, je pense à nos amis de là-bas et j’adore être en contact avec eux (on a d’ailleurs eu l’immense bonheur d’en voir cet été à Saint-Malo). Mais rien ne me manque du Québec… Je souris en pensant aux moments passés là-bas, mais je ne les envie pas. Pour le moment, je n’éprouve pas le besoin d’y retourner, même pour quelques jours. Je sais que mes paroles sont dures et j’espère sincèrement que je vais guérir de ça.
Mais pour l’instant, la mémoire des 6 derniers mois passés là-bas est plus douloureuse que le souvenir heureux des années précédentes.
De nombreux projets pour nous !
Heureusement, je sais faire la part des choses ! 1 an après notre retour, je suis super heureuse de dire qu’on va bien. Et on a beaucoup de projets, de plans en tête. On continue de travailler à l’Hôtel des Abers. Mais on a surtout ouvert une boutique de décoration intérieure à Saint-Malo ! On y propose des objets de créateurs, de la céramique, des affiches… Le tout avec une inspiration du bord de mer !

On est aussi sur le point de s’acheter une maison, pour nous permettre de vraiment bien nous ancrer et offrir plus d’espace à nos enfants. Bref, on s’intègre de plus en plus et ça fait du bien.
1 an après le retour en France : les points positifs et négatifs
Au bout d’un an, il y a forcément des choses que j’aime plus et d’autres que j’aime moins, voilà donc un petit bilan.
Ce que j’aime
- La famille
C’était la raison principale de notre retour et elle n’a pas déçu. Je suis si heureuse de voir mes enfants se créer des souvenirs avec leurs grands-parents, leurs cousins. J’aime voir mes parents chaque jour, savoir que sur un coup de tête, je peux prendre la route et quelques heures après, passer la soirée avec ma famille.
- La proximité
On travaille beaucoup pour le moment, donc on n’a pas le temps d’en profiter autant qu’on voudrait, mais pas besoin de faire des heures de route pour se dépayser. Il y a des choses à voir, des petits villages à visiter dans un rayon tout à fait acceptable pour un day-trip.
- Les supermarchés.
J’en ai parlé, en long, en large et en travers dans mes premiers articles bilans, mais c’est le bonheur de faire ses courses. Il y a du choix, de la variété et les tarifs sont bien plus raisonnables qu’au Québec.
- Le climat
Plus d’hiver à rallonge, plus d’été étouffant. Les saisons sont moins marquées c’est vrai, mais j’adore me dire que je peux emmener mes enfants jouer à la plage, même en décembre. On a échappé aux grosses canicules en Bretagne et on a eu un été exceptionnel. C’est vrai que l’automne a été très pluvieux et la neige va peut-être me manquer un peu cet hiver, mais c’est quand même bien cool de ne plus avoir à se mettre 4 couches pour sortir!
Ce que j’aime moins
- Peu de pistes cyclables
A Montréal, les pistes cyclables étaient un véritable bonheur. Ici, à Saint-Malo en tout cas, il y en a beaucoup moins et elles sont moins sécurisées. Mais je dois dire que je vois tout de même des efforts qui sont faits depuis mon retour alors espérons que ça aille dans le bon sens.
- Moins de parcs
Mon expérience est surtout basée sur Saint-Malo donc forcément c’est un peu biaisé, mais c’est vrai qu’à Montréal, il y avait un choix fou pour les parcs à jeux et les jeux d’eau. C’est beaucoup plus limité ici.
Mes conseils pour ceux qui veulent rentrer en France après une expatriation
Je sais à quel point prendre la décision de partir peut être difficile, alors si j’avais 3 conseils à donner, ce serait ceux là :
Bien prendre le temps de réfléchir.
Ce n’est pas une décision que l’on prend sur un coup de tête. Il faut être sûr de soi, peser le pour et le contre. Réfléchissez-y pendant plusieurs semaines, parlez-en à votre entourage. Si au bout d’un certain temps, vous êtes toujours convaincu que c’est la bonne décision, alors foncez !
Préparez-vous et anticipez !
On n’organise pas un retour comme ça en quelques semaines. Tout dépend du temps que vous avez passé au Québec (ou ailleurs) avant, mais il y a des démarches administratives à faire. Il faut organiser le déménagement international, prévenir les établissements administratifs adéquats… Bref, pas mal de choses à faire.
Si vous quittez le Québec, j’ai listé toutes les choses à faire dans un grand article. Je vous invite à le lire pour avoir une idée des démarches à faire.
Ayez des projets
Je pense que c’est vraiment important d’avoir des projets, au moins pour le début. La plupart des gens qui rentrent dont le retour ne se passe pas comme ils l’espèrent n’avaient pas vraiment d’idée en tête. Au moins pour les 6 à 9 premiers mois, il faut que vous ayez un but : ça peut-être un emploi, la recherche d’une maison, le développement d’une idée… Bref, ce que vous voulez, mais ça vous aidera à avancer, croyez-moi !
Je sais que mon ressenti va peut-être choquer, et j’en suis désolée si c’est le cas. J’avais besoin de rentrer chez moi, en France. Et ce retour a rempli toutes les cases. Je n’ai vécu aucun mal-être vis à vis de ce retour en France, aucune désillusion. Mes enfants se sont parfaitement intégrés, ils sont épanouis, ils ont des amis, sont heureux.
Le retour a été plus compliqué pour mon conjoint et ça a été particulièrement difficile pour moi de me sentir si bien, alors qu’il était si mal. Il va mieux aujourd’hui heureusement et nos projets pour le futur nous donnent un but commun.
Je n’oublie pas Montréal, loin de là. Mais j’ai encore besoin de temps avant de pouvoir y penser avec nostalgie. D’ici là, je profite à 100% de ma nouvelle vie en Bretagne. Je me sens si chanceuse d’être là aujourd’hui, auprès de ma famille. Et j’espère que le futur sera encore plus joyeux.

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